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Plan détaillé de la conférence
« INTERNET ET LIBERTÉ(S) »
c/o Cercle Français, Palais des Congrès, Grasse
16 janvier 2002 |
Socialement :
Influence d’Internet sur les sociétés politiques évoluées ;
- Il favorise l’individu sur le groupe ;
- Et les petites commnautés thématiques sur les grandes institutions ;
- Son impact majeur tient dans son son économie ;
- Sa principale conséquence est de remettre en cause les privilèges des experts, à commencer par les états.
A
1 - Passation de pouvoir
- des organisations (Etats, partis, syndicats et même entreprises) ;
- vers les individus et les petits groupes, vecteurs de l’innovation .
Tendance positive :
Émergence de la « post-politique », émergence de l’ « hyper-citoyen » (NETIZEN, US = Net + Citizen) : libre et sans frontière
Tendance négative :
Terrifiante sainte alliance entre
- l’État,
- l’entreprise
- et les nouveaux experts,
réduisant à néant la conscience politique collective.
2 – Le commerce électronique engendrera le bouleversement politique en entraînant la transformation de la géographie mentale de l’homme.
3 – Education et technlogie du cerveau dépasseront tous les autres domaines économiques :
nouvelle classe dominante, les détenteurs du savoir : les « intrapreneurs »
4 – Effacement et disparition progressive de la monnaie
- Croissance d'une identité globale au détriment de l'identité nationale voire culturelle ;
- suite logique de l’effacement des frontières ;
- dû aux échanges électroniques ;
- accompagné d’un subtil équilibre de communautés en perpétuelle intéraction (la Netizen Society)
5 – L’hypercitoyen apparaît déjà comme l’homme
- Le plus « éduqué » ;
- Le plus ouvert à l’innovation ;
- Le mieux à même d’agir dans un espace où la rapidité d’intervention devient la carte maîtresse ;
- Il est aussi le plus individualiste ;
- Le plus et le mieux organisé pour protéger son statut de « netizen libre » !
6 – Il se développe une défense de l’internaute
- Prélude à la prise de pouvoir de ces communautés qui imposeront leur volonté à l’état ;
- C’est toute une génération impliquée dans les processus démocratiques qui va grandir ;
- Dans l’attente d’un accès facile et en temps réel aux documents de travail des gouvernements et des preneurs de décision ;
- Dans une dimension jamais connue depuis la démocratie directe athénienne.
7 – Prévenir un intrusion dans la vie privée
- Constituant déjà un formidable instrument de résistance aux dictatures ;
- Il s’avèrera un outil non moins formidable de promotion de la liberté d’expression ;
- Et l’accès du plus grand nombre à l’information et au contrôle des élites ;
- Une forme de « démocratie directe communautariste » ;
- Cette forme s’apparente effectivement plus à Athènes qu’au suffrage universel : comme à Athènes femmes, esclaves et étrangers étaient étaient exclus du système ; de même les laissés-pour-compte du cybersespace vivent hors du nouvel ordre. Mais ce dernier est bien plus tolérant qu'Athènes ! ;
- La notion d’étranger est inconnue dans la Netizen Society : qui détient la connaissance est membre. Et ce monde s’élargit quotidiennement, celui des cybercitoyens !
8 – Règne de l’individualisme triomphant
- Satisfaisant presque tous ses désirs ;
- Le tout géré par des experts reconnus de tous et par des comités d’éthique ;
- À la place des vieux ministères omnipotents !
B
D’autres analyses, partant des mêmes prémisses, parviennent à des résultats diamétralement opposés !
Elles y décèlent 4 mouvements sociopolitiques convergents :
- La tendance à l’homogénéité intrinsèque à Internet ;
- La montée inéluctable du sentiment sécuritaire dans les sociétés riches ;
- La confusion croissante enre l’Etat et les intérêts des grandes entreprises ;
- L'émergence d’organismes puissants et libres de toute tutelle politique.
1 – Les réseaux rapprochent les semblables
- Cette uniformisation est renforcée par la dichotomie croissante, à l’avenir, entre riches et pauvres, entre détenteurs et exclus du savoir technologique ;
- C’est la théorie du chaos : plus l’offensive démocratique va de pair avec la mondialisation, plus elle renforce l’irrédentisme identitaire des faibles. Doù :
- manifestation de l’autoritarisme,
- installation de zones entières de la planète dans un chaos où règnent les maffias,
- crispation des élites des pays riches
- multiplication de villages privés...
- 51 des 100 premières économies mondiales ne sont pas des États mais des entreprises d’où :
- idée d’une convergence accrue entre entre les intérêts de ces groupes et les élus ;
- une désaffection croissante pour la démocratie représentative.
Exemple du W3C (World Wide Web Consortium, créé en 1994) :
- 275 membres, essentiellement entreprises de l 'économie en réseaux, universités, ONG, administrations.
- Un forum international privé, sans but lucratif et formellement sans pouvoir : ce qui se rapproche le plus d’un gouvernement du web décentralisé, qui déterminera très largement la structure du web du 21ème siècle, et par là, les évolutions macroéconomiques et politiques.
- Et si ce W3C débordait de son cadre de compétences techniques ? !
- Et impose sa volonté à cause de son importance économique
2 – Ce serait le nouveau Moloch
- Émanation des intérêts conjugués d’un État sécuritaire, de multinationales et d’une hyperclasse technicienne ;
- Soutenue par une communauté scientifique obnubilée par la seule perspective de fabriquer un homme toujours plus intelligent.
Penser seulement que la NSA (National Security Agency) peut capter et trier 3 milliards de conversations par jour dans le monde : les avancées de la reconnaissance vocale vont bouleverser l’économie des écoutes.
Incommensurable serait le pouvoir d’un Moloch détenteur des codes d’accès à l’information et des moyens de cryptage, centralisant les moyens de surveillance informatiques, audio et visuels, et les appareils à la disposition de l’homme bionique.
Dans ce monde
- L’activité l’emporte sur la relation humaine ;
- L’expert sur la politique ;
- Le savoir sur la justice ;
- Le centre commercial sur le centre ville ;
- Le virtuel sur le réel.
*** L’utopie cyberkeley, où Internet devait n’être qu’un immense boulevard de services communs et de convivialité, a été laminée par :
*** Cyberbia, l’hypersociété des polices des réseaux, d’où tout espace public est exclu.
CONCLUSIONS
(empruntées à Dominique Wolton, Dir. Dép. Comm & Pol du CNRS)
- Euphoriques ou catastrophiques, ces visions technicistes du futur sont toutes fondées sur l’idée, dominante aux US, de la primauté de la technologie sur la société ;
- C’est méconnaître l’HISTOIRE : les sociétés humaines ont toujours été plus complexes que les technologies les plus sophistiquées
Le eTrade constituera un énorme enjeu.
La souveraineté des Etats en prendra un coup
**** Mais un bouleversement notoire est toujours le résultat d’une rencontre
- entre un grand projet socio-culturel
- et une technique.
*** Or, aujourd’hui, la technologie avance beaucoup plus vite que la société et la culture, et Internet ne rencontre aucun projet socio-culturel neuf, aucun dépassement des projets précédents :
*** Il doit s’insérer dans le modèle socio-politique traditionnel : la démocratie !
Internet ne créera donc
- Ni nouvelle classe dirigeante
- Ni citoyen universel.
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On va connaître 15 ans de folie Internet.
Puis on assistera au GRAND RETOUR DE L’HOMME !
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