Je me surprends à consulter les textes de la messe du jour, comme d'autres l'horoscope ou le baromètre !
Ce matin, c'est du livre des Proverbes (2,1-9) que me viennent les conseils suivants :
recherche le discernement, appelle l'intelligence !
Le Seigneur donne la sagesse, le savoir et l'intelligence, il te fera comprendre la justice, l'équité, la droiture : les seuls sentiers qui mènent au bonheur.
Et Matthieu (19,27-29) nous assure que « tout homme qui aura quitté à cause de mon nom maisons,
frères, soeurs, père, mère, enfants ou terre, recevra beaucoup plus et il aura en héritage la vie éternelle ».
La question d'hier (quel personnel envoyer, c'est-à-dire quel type de prêtre faut-il trouver, former et entretenir ?) trouve ici des éléments de réponse. À côte de dispositions du coeur, il y a celles qu'un entraînement doit pouvoir faire acquérir. Et en premier lieu, cet "à cause de mon nom" !
La relation personnelle et personnalisée de l'appelé à Jésus sera, doit être à la base de l'engagement à sa suite. [C'est la condition sine qua non, qui fera relativiser tous les conditionnements inévitablement imparfaits d'une organisation comme l'Église, et de toute autre organisation conjoncturelle.] Que ce soit par la lecture des évangiles, leur apprentissage quasi « par coeur » (c'est ici plus qu'ailleurs le cas de le dire !), leur commentaire, leur usage, leur transposition en langage adapté à certaines cérémonies de la parole, par exemple ; que ce soit par la méditation sur la personne même de Jésus, rapportée par les évangélistes, les protagonistes, les témoignages des saints, l'imagination propre, la contemplation des oeuvres d'art, consacrées à la figure du Maître, la connaissance du pays où il a vécu ; que ce soit par des échanges verbaux à son sujet avec les autres appelés, les appelants, les enseignants, les anciens, les reclus, les moines, etc. Que sais-je encore ! La figure de Jésus de Nazareth et du Christ ressuscité doivent être le point de toute référence d'affection, d'identification et de bonheur ! Et si l'appelant n'est pas le témoin vivant de cette triple référence, de façon virile, efficace et dynamique, il ne pourra pas emporter l'adhésion du disciple. Voyons comment Jean-Baptiste parle de Jésus à ses disciples et à André, et comment Philippe a dû en parler à Nathanaël, pour qu'ils fassent le détour !
L'appelé doit être en quête de son bonheur, et de son bonheur éternel. Comme le jeune homme riche, mais avec une capacité que ce dernier n'avait apparemment pas : celle de laisser tout pour aller à sa suite. Car là est la preuve d'amour : c'est que le reste, tout le reste ne compte plus, et on le sacrifie pour acquérir « à tout prix » la perle rare et le trésor caché ! Est-ce que tout le monde est supposé comprendre cela ? Non ! Seulement ceux à qui il a été donné de le comprendre : beaucoup d'appelés, mais peu d'élus ! Appeler n'équivaut donc pas à élire ! D'où le « noviciat », l'apprentissage : environ trois ans de compagnonnage avec Jésus ! Et pourtant, croyez-vous que tous ceux que Jésus a pressentis, l'auront suivi : la preuve, précisément, c'est ce jeune homme riche ! Et tous ceux qu'il a élus, croyez-vous que tous « correspondaient » ? Apparemment Judas avait d'autres idées, Simon même l'aura trahi ! Un homme reste un homme, avec tout le mystère qui le caractérise, et qui, en définitive, en fait l'intérêt !
La justice, l'équité, la droiture, - d'après Proverbes -, constituent les seuls sentiers du bonheur ! Oui, mais ne nous méprenons pas ! Tout le monde en convient : exercer ces trois vertus envers le prochain peut constituer une voie royale vers le bonheur, puisque c'est la voie de la charité pour l'amour de Dieu ! Mais songe-t-on que ces trois vertus sont aussi à exercer envers soi-même : être juste, équitable et droit envers soi-même, surtout s'il faut aimer les autres comme soi-même ! C'est se connaître, se re-connaître et s'accepter d'abord comme on naît / est ! C'est là le domaine du savoir, de l'intelligence, du discernement et de la sagesse, - toujours d'après Proverbes ! C'est un véritable travail sur soi ! Le plus difficile qui soit ! Avec les maîtres les plus exigeants ! Et le temps qu'il faudra !
On comprend qu'il doit s'établir entre l'appelé, - qui doit passer par toutes ces épreuves d'authentification de sa vocation -, et l'appelant, - qui dut lui aussi en son temps passer par les même épreuves, et qui demeure sans cesse appelé à vérifier s'il correspond toujours au profil de cet appelé permanent qu'est le disciple -, une relation d'un ordre tel, qu'elle reproduise à la fois celle de maître à disciple, et celle de disciples du même Maître.
Genèse (44,18-21.23b ; 45,1-5) nous rapporte la déconfiture des frères de Joseph, leur révélant son identité, à eux, qui, quelques années auparavant, l'ont vendu à des caravaniers, en racontant à leur père, le vieux Jacob Israël, qu'une bête sauvage l'aurait dévoré !
Celui qui était promis d'abord à la mort physique, puis à la mort sociale, condamné à l'éloignement, devenu l'alter ego de Pharaon, puissant et respecté !
Matthieu (10,7-15) nous rappelle à nouveau les consignes pour la proclamation du Royaume, après mercredi, et Luc, dimanche : et cela continuera vendredi et samedi !
Cinq fois dans cette première semaine de navigation, alors qu'on me demande explicitement des « idées » sur la question pour le diocèse de Nice !...
Comme à l'habitude, je vais me laisser guider par ces balises, illuminant la route toujours opportunément !
J'ai toujours été fasciné par le sort habituellement réservé à celui qui sort de l'ordinaire, qui ne va pas le chemin de tout le monde, qui ne dit pas les clichés du sens commun ; de celui qui a une idée, de l'imagination, de celui qui apporte du neuf, qui ne répète pas, quoique ayant « tout » appris en son temps : « Les bonnes gens n'aiment pas que / L'on suive une autre route qu'eux ! » Brassens l'a tout dit ! Eh bien avant lui, et pas n'importe qui : « Personne n'est prophète dans sa propre maison, dans son propre pays ». Joseph en administre la preuve de façon « patriarcale », et donc archétypale : cela se passe toujours comme ça ! Un point, c'est tout ! Restez dans le rang, il ne vous arrivera rien ! Osez avancer en eaux profondes : on fera tout pour que vous couliez ! Cela vaut pour l 'appelé et pour l'appelant : il faut oser exprimer et s'exprimer ! Il faut avoir le courage de passer pour le prétentieux qui estime avoir quelque chose de précis à faire dans le Royaume de Dieu, et aussi passer pour le prétentieux qui estime reconnaître chez untel cet appel à « faire » ceci ou cela !... Il faut former à ce courage-là ! Il faut publiquement faire péter la baudruche de la fausse humilité ! Et même si la statistique ne doit baisser que de quelques points seulement, faciliter, autant qu'il nous sera possible, la libre circulation de la parole qui ose exprimer et de la parole qui ose appeler !
Comment eût fait Don Bosco, s'il avait attendu la reconnaissance, la sanction, l'aval de l'archevêque de Turin ? !... Joseph, en racontant ses songes à sa famille et à ses frères, 's'exprimait' : ce fut intolérable pour ses frères. L'aîné empêcha qu'on le tuât... par pitié pour leur père. On le vendit donc, pour l'éloigner définitivement !... Et ce furent eux qui durent revenir à lui ! Le reconnaître, le sanctionner, l'avaliser ! Par la force des événements !...
Avec Matthieu, de nouveau nous est rappelé comme un leitmotiv ce dont il s'agit : annoncer la couleur, être fier et conscient de sa mission = « formation religieuse » (cf. Lc 2, 41-52) ; apporter toutes sortes de guérisons : donc apprendre à guérir, physiquement, moralement, spirituellement, socialement et psychologiquement = «spécialisation » (cf. 1 Co 12) ; travailler gratuitement : donc trouver ailleurs des sources de revenu... sinon ? = « exercer un métier rémunéré, à mi-temps par exemple ». (Que faisait donc Paul de Tarse, l'exemple par dessus tout ?) ; choisir ses hôtes : donc se rendre désirable, acceptable, aimable = « développer ses qualités humaines d'accueil et de sympathie, devenir une personne humaine ! » (cf. Jean Bosco) ; ne pas s'imposer : et le faire savoir univoquement (rejoint le N°1) = «conscience de soi et pour qui on travaille ! » (cf. Ignace de Loyola)
Ainsi :
formation philosophique / théologique + spécialisation + métier rémunéré + personnalité + identité
=
Un bon « BAC + 10 » au moins !
Jésus (ne) s'est mis en route (que) vers les 29 ans... Comme Socrate, Siddhârta et Confucius
Mais pourquoi est-il donc relativement facile de trouver un évêque, - auxiliaire ou coadjuteur, - allons plus loin, et des vicaires épiscopaux et généraux ? Nous avons toutes sortes de chefs : un évêque donc, un Vicaire Général émérite (redevenu, sur sa demande express, curé de montagne, mais avec présence au Conseil épiscopal) ; deux Vicaires Généraux en fonction ; deux Vicaire Épiscopaux en ville !
Et le diocèse fut donc incapable de trouver UN curé pour une paroisse comprenant sur son territoire, ce qui fait que le diocèse/département a une importance et une responsabilité nationales et internationales, la Technopole Internationale de Sophia-Antipolis !
Quand nous apprenons enfin que les vocations diaconales se portent plutôt bien, - trop bien, peut-être, car cela aussi est un symptôme à interpréter ! -, et que plusieurs curés et responsables, - parmi les plus vénérables ! - , non seulement ont montré une belle résistance avant de quitter leur poste et leur résidence, et que d'autres ont même réussi à l'emporter sur la volonté diocésaine et épiscopale, en imposant d'être maintenus dans ces poste et résidence, il convient de s'interroger froidement sur les chances que Diocèse 2000 et sa Charte d'Évangélisation ont de pouvoir être appliqués, ne serait-ce que la question du personnel « fantassin » ! À quelles conditions les 12 nouveaux doyens et les 45 nouveaux curés fonctionneront efficacement : chacun pour soi, entre eux, les curés avec leurs co-opérateurs ( !), - dont beaucoup étaient curés depuis un bail !-, et les doyens au milieu de leur doyenné respectif.
De ce qui précède immédiatement, quelques suggestions peuvent être formulées : reconnaissons tous que nous nous trouvons dans une situation de crise, (déclarons le diocèse en danger) et qu'il faut s'en sortir tous ensemble (comité de salut diocésain), non seulement en nous serrant les coudes, mais en nous mobilisant sur tous les fronts de nos responsabilités respectives, personnelles et hiérarchiques ; que les 12 doyens deviennent véritablement les 12 apôtres (les 12 généraux d'empire napoléoniens ou alexandrins, les 12 hommes liges) autour de leur évêque, obéissant loyalement et efficacement aux décisions prises par l'état-major épiscopal ! Avec ordres et contrôle d'exécution, ... ou bien démissionner ! Que les 45 curés, doyenné par doyenné, repartent à la reconquête difficile des communautés, en inventant, puisque nous sommes devenus de nouvelles paroisses : sans rechigner et sans querelle de clochers, ... ou bien démissionner !
Ne tombons pas dans le malheur de l'armée impériale mexicaine, que purent facilement balayer les hordes de Zapata : elle possédait pléthore d'officiers et de palefreniers, mais très peu d'hommes de troupe et de sous-officiers !
Attaquons-nous à une nouvelle politique des vocations chrétienne, sacerdotale et religieuse. Tout est lié. Que dans chaque lieu de culte de chaque nouvelle paroisse, chaque maison paroissiale, chaque local d'aumônerie, chaque centre de jeunes, ... il soit régulièrement annoncé le passage d'un « appelant » du Service Diocésain des Vocations Nouvelles.
Sachons puiser chez nous les forces dont nous avons besoin pour notre responsabilité d'Église Locale. Bien sûr que nous remercions ceux qui viennent nous aider : il eût été préférable de se passer de ses services, vu les raisons qui nous ont fait faire appel à eux, et qui en disent long sur notre degré d' (im) préparation et d' (in)disponibilité pour le siècle qui débute !