C'est encore Jacob qui nous attend en Gén 49, 29-33 ; 50, 15-24.
Il meurt : c'est l'occasion pour Joseph de mettre les horloges ... de Dieu à l'heure.
Il déclare à ses frères : oui, vous aviez voulu me faire du mal (tu parles !) ;
Dieu a voulu en tirer du bien, afin de préserver aujourd'hui un peuple nombreux ;
désormais ne craignez plus rien !
Matthieu (10,24-33) continue de nous envoyer en mission :
disciple ou maître = même combat ; ne craignez pas les hommes ;
dites à haute voix ce que vous avez à dire ;
redoutez ceux qui savent tuer l'âme : le corps, c'est moins important, vous valez plus que tout pour Dieu ;
prenez le parti de Dieu, il prendra votre parti !
Ces textes quotidiens n'ont de cesse de nous aider à préciser « the point » et à donner des éclairages divers, avec une telle pédagogie !
Ainsi, la grande vertu de l'appelé, - ici Joseph -, c'est de tout prendre « du bon côté » et de pardonner, - presque a priori -, à ceux qui lui font du mal : ce qui arrive ne peut pas arriver sans la « permission » de Dieu, qui tient tout sous contrôle ! « Si vous avez voulu vous débarrasser de moi, vous ne saviez pas que Dieu se servait de votre vilenie pour que vous soyez aidés vous-mêmes le moment venu ! » N'est-ce pas le comble ? Qui peut quoi que ce soit contre ça ? L'appelé est alors invulnérable : moralement, sinon physiquement ! Tout a son sens, que la suite de l'h/Histoire démontrera ! C'est ce qu'on appelle la FOI ! Oui, le disciple doit voir cette FOI-là !
C'est pourquoi, de nouveau, les conseils et avertissements coulent de source, et rejoignent dans leur catégorie respective ceux d'hier et d'avant-hier, comme des répétitions bienveillantes, de façon à convaincre par la persuasion du « bis repetita placent » ! Misez tout sur Dieu, et sur Dieu seul ! Le seul 'Banco !' autorisé ! Vous n'avez pas de prix à ses yeux : vous êtes sa prunelle ! Mieux : il se retrouve en vous, comme en Jésus, son Fils ! Alors : audace et prudence, discernement et détermination ! Et si le disciple doit mener le même combat que le chef, ce qui vaut pour l'appelé vaut pour l'appelant ! À bon entendeur, salut !
Notre marché scripturaire se compose de : Dt 30, 10-14 : la loi de Dieu n'est pas au-dessus de nos forces ; elle ne se trouve nulle part ailleurs que dans notre bouche et dans notre coeur. Déjà ! Col 1,15-20 : le Christ est prim-ordial. Lc 10,25-37 : Dieu = l'Autre + les autres ; et le plus proche (familialement, sociologiquement, nationalement, religieusement, culturellement...) n'est pas nécessairement ton prochain : c'est toi qui deviens le prochain de celui que tu « sers ».
De nouveau, et toujours pour la « formation » des appelés, - mais cela est toujours actuel pour les prêtres en exercice (doyens, curés, coopérateurs, auxiliaires, diacres, religieux et religieuses, laïcs consacrés...) -, voici la charte trinitaire de l'être chrétien par excellence.
C'est à l'intérieur de toi-même que tu découvriras qui est Dieu pour toi, car, suivant la formule de l'évêque d'Hippone, « il est plus profond que le plus profond que toi-même, et il est plus toi-même que toi-même ».
Comment ? Vie intérieure, méditation, silence, et ce, régulièrement, tous les matins, avant toute la tâche du jour ! Exercice, entraînement, apprentissage.
La vie de tout Chrétien, - de l'appelant, comme de l'appelé -, est orientée par et vers la personne de Jésus de Nazareth, le Christ Ressuscité : Jésus-Christ.
On n'en sort pas : celui qui n'a pas une relation personnelle avec lui ne peut faire ce qu'il a fait, dire ce qu'il a dit, vivre et mourir comme il a vécu et est mort. C'est par LUI, avec LUI, et en LUI que tout doit se passer !
Alors ?
Lecture (ter !) des évangiles, jusqu'à les connaître par coeur : avoir sans cesse une mémoire scripturaire immédiate, une référence quasi automatique.
Et non seulement, s'il est possible, - et c'est possible -, des évangiles, mais de tout le Nouveau Testament, surtout les lettres de Paul, qui, jusqu'à preuve du contraire, sont les premiers documents, - écrits par un converti -, de ce qu'est et doit être la vie chrétienne : ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi !
Voici le moment proprement « politique » de notre « être chrétien ». Bien sûr, que nous sommes envoyés à toutes les nations, pour les baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit !
Mais pour nous, dans l'Église qui est à Nice, qui sont ces « nations » auxquelles nous sommes envoyés ?
Sont-ce les mêmes que celles de Viviers, d'Afrique, ou de Hong Kong ?
Qui, sinon l'Esprit Saint, nous indiquera, dans une « motion » toute ignacienne, vers qui aller !
Non pas qui sera mon prochain, mais : de qui devons-nous devenir le prochain, hic et nunc ?
Ni le prêtre, ni le lévite de Luc ne se sont « sentis concernés » par l'homme à ½ mort (ou à ½ vivant, suivant le point de vue !) qui gisait sur la route !
Mais
un Samaritain,
un étranger,
un schismatique,
un excommunié :
c'est lui qui s'est révélé le prochain du ½ mort / vivant !
À nous, qui sommes « prêtres et lévites » de l'Église Catholique Romaine sur cette Côte d'Azur, que dit l'Esprit ?
Que nous devons non pas choisir qui il nous plaît de servir, mais décider qui nous avons le devoir d'urgence d'aider ici et maintenant !