Plongeons comme tous les matins dans notre bibliothèque liturgique, en ce jour de N-D. du Mont Carmel : (Ex 1, 8-14.22).
Quand la tête change, beaucoup de choses peuvent changer :
La position sociale et le bien être se détériorent s'inverser.
La bienveillance devient malveillance se révéler : la résistance se développe.
(Mt 10,4 - 11,1) : Jésus se révèle, enfin tel qu'en lui-même :
PERTURBATEUR de toutes valeurs acquises et communément reçues :
J'apporte le glaive, pas la paix ;
Je sème plutôt la division que l'unanimité ;
Je veux être préféré à tout, à tous et à chacun : quel qu'il soit !
Il faut être prêt à mourir pour moi : que ce soit à petit feu, au jour le jour ; que ce soit en donnant sa vie d'un coup ;
Vous êtes non seulement mes lieu-tenants, mais vous êtes moi où que vous alliez : mes alter-ego.
Le moindre bien qu'on vous fera, sera récompensé de façon insigne dans le Royaume
Voyez-vous combien ces textes se comportent comme des plaques sensibles de nos réalités quotidiennes, dans leurs implications les plus actuelles ! La Parole de Dieu ne retourne jamais inefficace à son origine : elle éclaire le chemin, mais ne force jamais à agir, tout en insistant sur l'urgence de la conversion permanente et de l'action à entreprendre.
Ici, Exode nous exhorte à profiter de la précarité des situations humaines et de leur versatilité pour en saisir l'opportunité qu'elles nous offrent de faire enfin, ce qui aurait été inacceptable, voire inimaginable avant qu'elles ne se produisent ! Quoi, chez nous, aujourd'hui ?
Avons-nous pris la mesure des changements structurels que l'Esprit Saint nous a inspirés, depuis le départ du précédent évêque ? Un évêque auxiliaire (partir depuis lors), puis un évêque coadjuteur (qui va succéder) ; deux nouveaux vicaires généraux (dont la nomination en a surpris plus d'un !) ; deux vicaires épiscopaux ; douze nouveaux doyens et nouveaux doyennés, quarante-cinq nouveaux curés et nouvelles paroisses : plus de 60 nouvelles personnes ! Nouveau découpage des responsabilités et des territoires ! Nouvelle charte d'évangélisation !
Ceci est une opportunité qui nous vient de la part du Seigneur ! Nous pécherions gravement contre l'Esprit que de na pas en profiter ! Comme dans Exode, les « choses » changent, s'inversent, se révèlent ; certaines mentalités, parmi les plus conservatrices, se sont brisées : elles sont irréversiblement changées, même si leurs nombre et étendue sont réduites ; le rapport des forces est maintenant contenu par la concentration à la fois des territoires et des hommes : une « direction » diocésaine en est virtuellement facilitée ; d'autres potentialités sont mises à jour par la nomination d'hommes neufs à des postes relevant de l'avenir : Service des Vocations, Nice Centre, Sophia Antipolis, la Culture, Radio Chrétienne de France-Nice et la Communication ; d'autres que j'ignore encore (ne faisant pas partie du « G7 épiscopal ») !
Matthieu vient à point pour nous rappeler que tout cela ne peut se faire qu'à l'image de celui qui nous envoie : avec des conflits, encore des conflits, toujours des conflits, même s'il faut les vivre dans la charité. Mais il faut savoir ce que nous voulons : Placuit nobis atque Spiritu sancto, c'est NOUS d'abord qui sommes en charge du Royaume ; en nous identifiant à lui, - alter ego -, puisqu'il nous dit qu'il est devenu nous-mêmes, afin que nous devenions lui (Saint Irénée) ; c'est au nom du Christ que l'évêque parle, et c'est au nom du Christ que nous parlons nous-mêmes, quand nous parlons comme l'évêque parle. Jusqu'au bout : persécution, mort lente, mort brutale, quel qu'en soit le prix ! On ne peut être ni plus bref, ni plus clair. Tous ceux qui aident, à quelque niveau que ce soit, seront récompensés ! Il faut le leur dire et répéter.
Ainsi se dégage au fil des jours et de la traversée, le type de « personnel » dont a besoin le diocèse 2001, et suivants...
Mais c'est la tête qui est importante, la tête !
Sans oublier que « trop de têtes », cela donne une « hydre », pas un chef !
C'est vraiment les conditions idéales pour faire retraite, beaucoup mieux qu'un monastère sédentaire...
Il faudra penser à fonder des "monastères flottants", qui pourraient accueillir des moines marins,
comme il y a toujours des moines paysans, et comme il y a eu des moines soldats !
Qu'est-ce qui s'y opposerait ? Un Abbé Commandant de bord, un Prieur Capitaine en second, un Sous Prieur Chef Mécanicien !
Il suffirait d'y aménager un grand salon en chapelle salle de chapitre !
Le travail gagne-pain serait de transporter des containers ou des bananes de port en port !...
Une micro filmothèque d'études et de recherches, un atelier d'art (musique électro-acoustique, par ex.,
et/ou de peinture/dessin, etc.), Internet, website...
Je suis quasiment sûr qu'une telle fondation initiative rencontrerait auprès d'un certain type de jeunes, un écho certain.
Les engagements rejoindraient le système de campagne : un an, deux, trois ans ; certains s'engageraient à vie (voeux temporaires/perpétuels).
De Vincent de Paul, aumônier des galères royales, à François-Xavier, passager multiple des caravelles portugaises et espagnoles : il n'y aurait pas de difficulté à choisir un saint patron référent.
Quant aux candidats marins, et fils de marins, épris de large, de liberté et de silence : je m'inscris en tête de liste !
Ce serait une belle fin de carrière pour le globe-trotter que je suis !
En route pour notre marché biblique quotidien ! Exode (2,1-15a) nous raconte le sauvetage miraculeux du bébé Moïse, le meurtre commis par le jeune homme Moïse, et sa fuite salutaire au pays de Madian.
Matthieu (11,20-24) s'en prend au villes qui, « évangélisées », ne se sont pas converties (Corazaïn, Bethsaïde, Capharnaüm), et prétend / « suppose » que certaines autres, en la situation, eussent réagi différemment (Tyr, Sidon, Sodome).
Pensons à notre politique en matière de vocations, d'appel et de formation. Voici un jeune homme, privilégié dans ses malheurs dès le départ ; voué à disparaître, il est recueilli, et de belle manière ; nourri par sa propre mère, il est éduqué comme un prince, à la cour ; assassin, il a le temps et les moyens de prendre la fuite pour une région où nous savons qu'il fera florès... auprès de son beau-père Jéthro, et de Tsiporah, sa fille, qui lui donnera un fils, Gershom... Et Moïse devient une espèce de John Wayne sorti d'un film de John Ford, cow(sheep)boy entre transhumances et ventes de bétail. Il a fallu, à ce jeune homme qui promettait, l'épreuve, l'éloignement, la rencontre : un destin ! Il les aura eus : il peut devenir LE Moïse de la sortie d'Égypte, de la traversée du Néguev, du rendez-vous du Sinaï, et de la tombe du Mont Nébo. Il est prêt à entendre Yahvé l'appeler !
Voici des villes qui ont « vu et entendu la Bonne Nouvelle », et à qui cela n'a rien fait !... Et en voici d'autres, qui n'ont pu « ni voir ni entendre » (l'Histoire !), mais, le cas échéant, - nous assure-t-on ! -, elles auraient « pu » réagir dans le bon sens : se convertir ! Supposons !
Quelles qualités, quelles « antennes », quelles dispositions innées et/ou acquises faut-il voir pour non seulement « voir et entendre », mis aussi pour « réagir » ? Car il y a de l'inné et de l'acquis, il y a de l'héréditaire et du personnel, il y a du modèle (pattern) et de l'original (own) !
Tout le monde n'est pas appelé à commettre un meurtre (Moïse), ou à se jeter dans l'idolâtrie des Baal (Tyr, Sidon) et la perversion sexuelle (Sodome) ! Mais il semble que chacun a eu une expérience fondatrice (Ignace, la blessure de Pampelune qui réduit à néant toutes ses ambitions de « noble caballero » ; François, le baiser spontané, irréfléchi et suicidaire qu'il donne au lépreux, en rentrant à Assise, au petit matin d'une nuit de luxure ; Augustin, la lecture inopinée d'un passage de Paul, dans le jardin de son ami Al pyus à Hippone... ) : il faut la retrouver ! Chacun a ou n'a pas l'opportunité de la "travailler" ('ausarbeiten' de la psychanalyse = en tirer tout le sens existentiel) : Ignace a sa convalescence à Azpetia/Ascotia, au manoir Casa del Torre des Lopez de Loyola ; François, le silence qu'il s'impose dans les bureaux d'import-export de la Maison Bernardone, à Assise ; Augustin, les voyages qu'il entreprend à Milan pour ses plaidoiries... Alors, on peut entendre quelque chose : Ignace « se entregò a Dios », mais il devra attendre l'expérience du Cardoner, à Manrèse pour avoir l'illumination ; François obéit à l'injonction intérieure qui lui ordonne de rebâtir la petite chapelle de la Portioncule, dans la plaine d'Assise, mais il devra se dénuder entièrement au début de la messe dominicale dans la cathédrale St Rufin, et se mettre désormais sous la protection de l'Église, en se glissant sous la chape de l'évêque ; Augustin ira voir Ambroise à Milan, à qui il obéira et pour être baptisé et pour accepter d'accéder aux ordres, jusqu'à l'épiscopat !
Notre responsabilité d'appelants touche le deuxième chapitre chapitre. Notre Séminaire Diocésain est-il adéquat (localisation et fonctionnement) pour offrir aux « appelés » la base d'entraînement appropriée pour de telles manoeuvres de l'âme, du coeur, de l'esprit et du corps ? Les stages que se choisissent les « séminaristes » et/ou qui leur sont proposés, pendant les périodes dites de vacances scolaires, ou autres - tels que j'ai pu les constater par moi-même -, sont la plupart du temps, des « aimables passe-temps » où l'inutile le dispute à l'oisiveté ! L'intensité, et la tension, avec l'épaisseur du temps que suppose cette opportunité de « travailler » l'expérience fondatrice, ne peuvent être offertes que par un cadre significatif (la convalescence dans le manoir familial, pour Ignace ; les bureaux de la Compagnie d'import/export, pour François ; les cabinets judiciaires, pour Augustin) ; une occupation spécifique (lecture du Flos Sanctorum, de Jacques de Voragine, et de la Vita Christi de Ludolphe le Chartreux, pour Ignace, bloqué au lit ; la restauration de La Portioncule, pour François, bouillant de s'occuper ; l'évaluation de sa « stupeur » avec Ambroise, son futur parrain, pour Augustin, complètement abasourdi) ; un « tuteur » en pleine confiance : sa soeur aînée, pour Ignace ; sa cousine Claire, quasi sa « promise », pour François ; sa mère, Monique, pour Augustin. Des femmes ! (J'ai eu une femme comme directrice de mes Exercices, Mère Suzanne Valentin, de La Retraite, à La Baume-les-dames, en janvier 91).
En échangeant plus d'une heure, sur la passerelle, ce matin, avec le Commandant Le Saicherre, - j'apprends qu'il est le petit-neveu du Père Le Saicherre, de Nice -, je lui faisais remarquer, que le bateau est le meilleur des monastères ainsi que le meilleur des centres de formation.
Et je me suis surpris à lui décrire ce que je « rêverais » expérimenter - outre « le monastère flottant » que j'évoquais plus haut -, c'est-à-dire :
Faire du navire ce lieu privilégié, où, entre un aller et/ou un retour (3 semaines, France Antilles France, A/R=2  ;000 euros ttc, campagne 2001),
pour une dizaine de jeunes « appelés » ou de jeunes cadres supérieurs « voulant ré-ordonner leur vie (selon Ignace) », - il y a douze couchages sur le navire -, une opportunité serait offerte, une (ou deux) fois par an, de travailler l'expérience fondatrice de leur vie, dans le cadre, - merveilleusement sublime et réglé -, d'un passage sur la mer (confort 3***), et avec un (ou deux) tuteur(s) à désigner.