[La mer est « calme ridée », c'est le mot technique que m'a révélé Goulwen, élève officier marinier, de 2e année, sur la passerelle, 20 ans ! En lui parlant, je pensais à ce que j'ai écrit hier soir avant d'avancer ma montre !
Des jeunes gens, à ne pas arracher à leur milieu professionnel, et à aménager pour eux, des curricula spécifiques correspondants aux besoins objectifs de la formation et aux besoins originaux de leur formation !...Je me disais aussi que Jésus en a pris une douzaine, seulement, qu'il a formés personnellement : les 72 qui apparaissent à un moment donné (12 X 6) sont certainement les compagnons que chaque disciple avait reçu « l'ordre » de former lui-même, en tant que formateur de formateurs, de démultiplicateur, 6 chacun, qui eux-mêmes...Comment croyons-nous que les choses se sont passées ?
Je me faisais une autre réflexion sur la passerelle, en contemplant la « mer ridée », et toujours recommencée : c'es, que, comme la bible, - et ces textes qui m'inspirent chaque matin, encore et toujours, alors que je les connais « par corps et par coeur » , peut-être bien parce que je les connais comme ça -, la bible, elle aussi, est toujours recommencée : jamais, - ces jours, je le sens mieux -, jamais je ne me suis ennuyé à la lire, cette bible qui ne me quitte pas ! Et chaque matin, pendant cette traversée, - peut-être (certainement !) plus que les textes de l'eucharistie eux-mêmes -, les lectures m'auront fasciné, et par leur richesse intrinsèque (surtout quand elles sont affrontées l'une à l'autre), et par leur pertinence inspiratrice (lors de mes réflexions subséquentes à propos des vocations, par exemple, ou du gouvernement du diocèse !)].
Quel est le menu de ce matin ?
À nouveau l'Exode (20, 1-17) : c'est donc le Décalogue, ce matin ! Les 10 paroles !
QUE DIT DIEU ?
Je suis ton Dieu ; je te délivre ; je suis irreprésentable
Je suis jaloux, et fidèle
Je suis éthique
Je veux que tu me consacres du temps
Honore tes parents, quels qu'ils soient
N'enlève sa vie à personne
Régule ton sexe
N'enlève le bien de personne
Ne calomnie personne
N'envie personne
Et Matthieu (13, 18-23) : c'est l'histoire du semeur :
À QUI S'ADRESSE DIEU ?
Le bord du chemin, c'est celui qui entend, mais qui ne comprend ni ne fait pas
Le sol pierreux, c'est le velléitaire (ah oui, peut-être, mais...)
Les ronces, c'est le faible (je ne pourrais jamais, ce n'est pas pour moi...
La bonne terre, c'est celui qui entend, qui comprend et qui fait.
Il semble qu'il y ait un programme général, une moralité générale, une éthique générale : bref des comportements que tout un chacun doit observer pour être un humain digne de ce nom, et une créature de Dieu : reconnaître ce Dieu-là, ce qui est loin d'être fait (d'où le Notre Père ! et la mission !) ; reconnaître les autres, ce qui est loin d'être fait (d'où le combat pour les Droits de l'Homme, et l'engagement social de l'Église et de tous les Chrétiens !) ; se reconnaître soi-même : ce qui est loin d'être fait (d'où la conscience, la direction spirituelle, la confession, la psychanalyse, les thérapies diverses, etc.)
Et puis un programme particulier, celui dit « Programme Évangélique », qu'il est nécessaire non seulement d'entendre : à la limite, tout le monde ayant des oreilles, et n'étant pas sourd (Catégorie 1) ; mais aussi de comprendre : apparemment le très petit nombre ! Quand même 1/4 d'après la parabole ! Est-ce beaucoup ? Moi, je trouve que oui ! À moins qu'il ne s'agisse que du 1/4 de la parabole, et non du terrain et de ses habitants ! (Catégorie 4) sans parler de ceux dont la personnalité, flasque et inconséquente (Catégories 2 et 3), les rend en définitive à peine capables du programme 1 !
Notre travail concerne donc la dernière catégorie : celle qui entend et qui comprend, ou du moins qui est CAPABLE d'entendre et de comprendre !
Question 1 : à quel niveau se place notre action ? À celui de l'entendre ? OUI : nous devons parler, annoncer, faire connaître, faire aimer, faire adhérer et APPELER ! À celui du comprendre ? OUI : nous devons « ÊTRE LÀ » quand les questions viendront (regardons les disciples !) et les vérifications : analyses, anamnèse, discernement !
Question 2 : (nous en revenons toujours au même problème !) quels types d' « appelants », sinon des hommes qui ont entendu : comment Jésus appelle-t-il aujourd'hui ? Comment leur propre appel (qui remonte à...) retentit-il toujours dans leur coeur d'apôtre, aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'ils peuvent en dire ? Comment ? À qui, plus précisément ? Des hommes qui ont compris : que signifie, pour moi, aujourd'hui, répondre à l'appel de Jésus ? Comme prêtre diocésain, comme religieux consacré, comme diacre, comme missionné, comme chrétien engagé... ? En quoi consiste pour moi, aujourd'hui, d' « aller enseigner toutes les nations » ? Quel est l'enjeu : ma vie ? Mon temps ? Mes capacités (est-ce que je sais au moins ce que je sais faire, et est-ce que je m'y entretiens ?) ? Arrivé-je à vivre quotidiennement comme Jésus (manger ce qu'il y a, dormir peu, parler de ce dont il faut parler, me taire quand il le faut, travailler non stop, prier non stop, me retirer souvent, être clair toujours, n'attendre jamais rien en retour de personne, me considérer comme le serviteur qui ne fait que son devoir en toute conscience professionnelle, compter toujours avec les lâchages, les trahisons, les ingratitudes possibles : enfin, prendre ma croix et le suivre !)
On peut imaginer la double tâche aussi intéressante que terrassante, tant du côté des appelés à débusquer que de l'équipe d'appelants à trouver et à constituer ! Mais quelle est noble, cette tâche !