Voyons notre marché biblique :
Exode (32, 15-24.30-34) : le veau d'or à l'Horeb.
Moïse a tardé sur la montagne (quelles qu'en soient les raisons)
Cette « vacance du siège », cette absence de « loi », de programme, de but, de cap, de (bonne) espérance, eh bien certains « meneurs » ont réussi à la combler par une idolâtrie quelconque : ici, ils ont fait ça à l'égyptienne (un animal ! Et encore, en Égypte, souvent la tête seule est de l'animal ! Ici, ce n'est qu'un veau tout entier, tout doré qu'il soit !
Il y a toujours un « chef » qui pense qu'il doit « suivre » ceux qu'il croit guider, puisque lui-même n'a pas d'idée mobilisatrice (c'est aussi l'un des thèmes de « Sa Majesté des Mouches » de William Golding) : c'est le cas d'Aaron !
(On imagine le Coadjuteur autorisant l'érection de Sa Majesté Carnaval dans Ste Réparate, parce que l'évêque tarde de rentrer de Rome avec les dernières directives du Pape et que le maire propose ce passe-temps en attendant... (Godot !)
La nature a horreur du vide !
Matthieu (13, 31-35) : Deux petites « parabolettes » sur le Royaume :
C'est une graine de moutarde, la plus petite de toutes les semences ;
C'est une pincée de levain dans 3 grandes mesures de farine.
Voilà, c'est tout !
C'est presque inversement proportionnel par définition : par nécessité !
C'est la fête de Saint Pierre Chrysologue : « celui qui parlait d'or » !
Le temps ne travaille plus pour nous, mais contre nous ! Nous allons, répétant (KTO ne parle que de çà ! et en parle beaucoup !) : il y a chez les jeunes ( ?) une profonde soif de spiritualité, une immense générosité inemployée, un grand désir d'engagement ! Nous constatons que « certains » mouvements - devenus d'Église, par des tractations qui sont plus des négociations, des compromis, des CDD qu'une reconnaissance sereine et pleine - font le plein ! Questions : de quoi, de qui exactement, et pourquoi (puisqu'on connaît le « pourquoi » !) ; nous constatons que certains monastères semblent se remplir ! Re questions : qui y vient ? Et pour quoi ? Enfin, les séminaires diocésains et les grands ordres actifs voient leurs effectifs, - européens au moins -, se rétrécir régulièrement ! Pourquoi ? (En un seul mot, cette fois-ci !)
Moins nous serons présents, plus les veaux d'or se multiplieront, surtout avec des chefs comme s'est comporté Aaron en la circonstance ! C'est le but de tous les intégrismes : « notre avenir, c'est le passé (revenons à l'Égypte !) » C'est la politique de tous les traditionalismes : « il ne faut rien changer : ce qui a marché, doit encore marcher ! » C'est la conduite de toutes les mario et papolâtries : ce qui est tout simplement de l'idolâtrie à la guimauve ! Sans parler de tous les « ermites et autres hommes de Dieu » qui « iront même jusqu'à égarer les justes !)
Notre présence diocésaine doit être aussi quantitativement et volumiquement petite, mais aussi irrépressiblement et sur-naturellement féconde qu'une graine minuscule et qu'une pincée de levain !
Comment ? Nombre restreint : ils furent traditionnellement 12. Qualitativement choisis un par un, - et encore là, on peut se tromper (mais il semble qu'il faille compter avec un dessein divin, qui nous dépassera de toute façon !). Vivant en osmose avec le chef : presque 3 ans, jour et nuit, dans l'Évangile ! Apprenant le métier sur le tas : pour les études, c'est lui-même qui alternait théorie et pratique ! Il n'est pas possible, dans les qualités comme dans les défauts, d'éliminer l'influence que le maître a sur le disciple : mais il faut lui enseigner, avec la ferveur, l'esprit critique (toujours la colombe et le serpent !) : l'osmose, pas l'identification !
Mobilisation Générale ! En voici quelques traits, déjà évoqués ailleurs ! Une campagne paroissiale et parallèlement, une campagne avec les medias que nous possédons : de façon systématique. Biographies de vocations les plus diverses. Donnez des numéros de portables personnels, donc des noms.
Que la mobilité des hommes compense souvent, et très heureusement, l'immobilisme et la frilosité des institutions !
La dernière remarque est pour moi comme un trait de lumière au milieu des agitations et des paniques, des déceptions et des désespérances, dans lesquelles, - je l'ai remarqué sous tous les horizons -, mes confrères, mais pas seulement, les gens en général se sentent ballottés, incompris, sans prise et finalement abandonnés à leur (triste !) sort ! Ce sont en général des personnes immobiles, qui ne se déplacent pas, qui ne vont pas « voir ailleurs s'ils y sont » ! Alors, évidemment, si le monde se réduit à l'appréhension qu'ils en ont, je comprends qu'ils soient à plaindre, puisqu'ils pensent que « la vérité est la même au-delà et en deçà des Pyrénées » ! Les institutions ne peuvent être qu'immobiles et frileuses, puisqu'en tant que telles, - et sociologiquement parlant, cela est inévitable ! - elles ne peuvent travailler qu'à leur propre conservation ! Sinon que deviendraient tous les ronds-de-cuir qui l'entretiennent, et dont, en retour, ils reçoivent une, leur raison de vivre !... Dans l'Église, par exemple, je comprends que Jean-Paul II ne comprenne pas l'impatience, l'insatisfaction et la méfiance, quand ce n'est pas un véritable désespoir, dans lesquels des Chrétiens, beaucoup de Chrétiens, - et pas seulement parmi ceux qu'on peut appeler, des révolutionnaires, des « protestants », des « free-lance », des « anti-institutionnels » -, vivent leur pratique quotidienne : convaincus qu'on ne les entend pas, et qu'ils ne comptent pas ! Que voulez-vous ? Notre Pape n'est pas rentré de déplacement, de voyage, de « mobilisme », qu'il a déjà concocté la prochaine escapade, et même la suivante, en cas d'empêchement ! Alors, il a trouvé le moyen, lui, de se prémunir contre l'immobilisme et la frilosité de l'institution, ne passant par Rome que pour changer de valise, prendre son courrier personnel et... procéder à une canonisation ou à un synode !... et laissant l'administration de la grande machine à ceux qui n'ont de raison d'être que par le fonctionnement voire le dysfonctionnement de la dite machine !... Oui, je me rends compte de ce que, naturellement, j'ai fait depuis toujours, pour ne pas tomber dans le concassage méthodique et régulier de l'institution machine... à moins d'en devenir le maître, ou bien l'un des maîtres, ce qui ne m'a jamais intéressé !... Je me suis sans cesse déplacé, ne m'attachant à rien ni à personne : travailleur journalier, occasionnel, CDL, sans collier, contractuel, en expatriation constante, « missionnaire », sur qui on ne peut pas compter pour « faire marcher la machine », mais à qui on peut se confier et confier des tâches suicide, car, n'ayant aucune ambition dans ma propre maison, je ne briguerai aucune « place » : mais il faudra sans cesse l'avoir à l'oeil « celui-là » (« istum » en latin = péjoratif !), car, ne faisant acception de personne, il fera savoir à chacun son fait à l'occasion, quel qu'en soit le prix. Ne possédant rien, il ne pourra rien perdre, lui ! Mais les autres !
Tous les fondateurs, - depuis Jésus de Nazareth jusqu'à Mère Térésa ! -, se sont comportés de la même façon ! Ils savent qu'une, que l'institution finirait par les avoir ! Comptez les « déplacements » de Jésus d'abord (il n'a même pas où reposer la tête !), mais ceux de Benoît, de Dominique, de François, de Don Bosco ! Et si Ignace, dès après 1540, - reconnaissance de la Compagnie par Paul III -, ne va plus quitter son bureau du Gesù (il est né en 1491, il a donc 50 ans), c'est que des Indes Occidentales et Orientales, c'est le monde entier qui se déplace autour de lui, par les deux océans !
L'immobilisme et la frilosité de l'Église Institution ne m'ont jamais ni arrêté dans mes mouvements, ni glacé dans mes initiatives : car c'est de son fondateur dont je me réclame, non de ses administrateurs. Je sais qu'il en faut, que c'est un problème, mais qu'il n'y pas d'autre solution : sinon, ça se saurait ! D'autant plus que cela occupe beaucoup de monde qui ne saurait quoi faire d'autre ! Dès que Paul a voulu composer avec l'Institution qui se mettait en place à Jérusalem, après son 3e et dernier voyage missionnaire, - alors que tout le monde à Milet, venu exprès d'Éphèse et d'ailleurs, avec Agabus et les autres !... alors que tout le monde lui répétait dans les larmes de ne pas s'y rendre (lui-même, d'après Luc Ac 20, 17-38, en avait l'intuition !) -, il s'est finalement « fait avoir » par Jacques et toutes ses manigances, - très romaines « d'ailleurs » -, de voeu et de purification rituels ! Provoqué, arrêté, emprisonné, il devra en appeler à César ! À César ! Pour enfin en arriver au terme de sa mission, que Jésus lui avait d'ailleurs promis en prison ! Donc, il y avait du sens ! Sinon, Paul ne serait pas « passé par » l'institution jérusalémite !
La fidélité (à qui et à quoi que ce soit !) n'est pas fusion et confusion : mais diffusion et perfusion ! « Allez... jusqu'aux extrémités du monde ! »
Exode : 33, 7-11.18-23 ; 34, 4b-9.28 :
Rencontre Dieu (ver a Dios : voir Dieu, le voeu de tous les mystiques, ceux du siècle d'or espagnol, en particulier :
Aujourd'hui, c'est la St Ignace de Loyola !).
À chaque étape
Planter la tente de la Rencontre avec Dieu, hors du camp, à bonne distance,
Accessible à tous ceux qui veulent rencontrer Dieu.
On peut demander à Dieu de nous laisser contempler sa gloire.
Dieu fait grâce et montre sa tendresse à qui il veut : il est plein d'amour et de fidélité, miséricordieux et lent à la colère :
Il supporte tout mais ne laisse rien passer.
Seulement voilà ! Il ne peut montrer son visage : on ne peut le voir sans mourir !
Matthieu : 13, 36-43 : on revient sur l'ivraie !
Le semeur = Jésus
Le champ = le monde
Le bon grain = les fils de Dieu
L'ivraie = les fils du Diable
L'ennemi = le Diable
La moisson = la fin du monde
Les moissonneurs = les anges
Voilà ! Entende qui peut !
Il y a ici une telle précision dans les descriptifs qu'on dirait un script de film ! Tout est dit dans la séquence finale suivante :
Nous semons au milieu des hommes, et aménageons loin du champ une cabane pour le rencontrer ! Soyons mobiles ! (Vivons en « mobile home », avec l'Église certes, mais alors en « papamobile », nous aussi !
« Le monastère flottant » !
Quelle unique expérience ! À qui ne pourrais-je pas la souhaiter !